La préservation des terres agricoles s’impose désormais comme une urgence en Côte d’Ivoire. C’est le constat dressé par TERSIA Tchétcho Stéphane, qui intervenait le 22 août 2026 sur les menaces pesant sur le foncier rural et la souveraineté alimentaire du pays.
Selon lui, l’orpaillage, qu’il soit clandestin ou autorisé, ainsi que l’extension rapide des villes, réduisent progressivement les superficies consacrées à l’agriculture. Ces activités entraînent la disparition de terres cultivables, alors que la terre constitue le principal outil de production des agriculteurs et le socle de la sécurité alimentaire.
Des études ont déjà relevé les effets de l’étalement urbain sur les espaces agricoles, notamment dans les zones périurbaines d’Abidjan. Entre 2004 et 2007, les sites agricoles étudiés dans la commune de Yopougon auraient ainsi perdu environ 41% de leur superficie sous l’effet de la croissance urbaine.
À cette pression urbaine s’ajoute l’expansion de l’orpaillage. Dans certaines localités, les superficies occupées par les activités aurifères clandestines sont passées de 953 hectares en 2015 à 12 809 hectares en 2023, avec pour conséquence une réduction des espaces disponibles pour les cultures et une fragilisation de l’approvisionnement alimentaire.
Pour inverser cette tendance, TERSIA Tchétcho Stéphane préconise la création de Zones Agricoles Protégées, ou ZAP. Ces espaces, clairement délimités dans le domaine foncier rural, seraient exclusivement affectés aux activités agricoles.
Dans ces zones, les lotissements, l’urbanisation, l’exploitation minière et toute autre occupation incompatible avec la vocation agricole seraient interdits. Des dérogations pourraient toutefois être envisagées, mais uniquement dans des cas exceptionnels et selon une procédure strictement encadrée par la loi.
« Sans un régime juridique ferme créant les ZAP, les permis d’exploitation minière délivrés sur des centaines d’hectares et les lotissements tous azimuts continueront de réduire, année après année, notre espace agricole », a-t-il averti.
Le mécanisme proposé s’inspire de dispositifs existant dans d’autres pays. En France, par exemple, le classement en Zone Agricole Protégée vise à protéger les terres cultivées contre l’urbanisation et la spéculation foncière. Il rend également plus difficile tout changement d’affectation des terrains concernés.
Pour le promoteur de cette initiative, la Côte d’Ivoire doit tirer les leçons des expériences étrangères. La France, la Chine, le Japon, la Suisse, la Corée du Sud et l’Espagne ont mis en place différents mécanismes destinés à préserver leurs terres agricoles.
Il estime que la Côte d’Ivoire, dont l’économie repose largement sur l’agriculture, ne devrait pas rester en marge de cette dynamique. La création de réserves agricoles autour des villes, l’interdiction des lotissements sur les terres à fort potentiel agronomique et une meilleure maîtrise de l’urbanisation figurent parmi les mesures susceptibles de renforcer cette protection. Des organisations de la société civile recommandent également de favoriser la construction verticale et de préserver des ceintures agricoles et vertes autour des agglomérations.
Au-delà de la protection du foncier, l’enjeu est aussi économique, social et environnemental. La disparition des terres cultivables menace les revenus des producteurs, accentue la dépendance aux importations alimentaires et peut aggraver la dégradation des sols et des ressources en eau.
Pour TERSIA Tchétcho Stéphane, la souveraineté alimentaire ne peut donc être dissociée de la sécurisation du foncier rural. « La souveraineté commence dans l’assiette et la terre demeure le seul fournisseur de notre assiette », a-t-il déclaré, avant de lancer un appel : « Protégeons-la ! »
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