- Publié le Mar 26 Mai 2026
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Le consortium Eni–PETROCI–Vitol a officialisé, le lundi 25 mai 2026 à Abidjan, la Décision Finale d’Investissement (FID) de la troisième et dernière phase du gisement pétrolier et gazier Baleine. Un investissement de 4 milliards de dollars qui porte le montant total du projet à 8,5 milliards de dollars depuis sa découverte en 2021. La cérémonie s’est tenue au Palais des Congrès du Sofitel Hôtel Ivoire, avec la présence des représentants d’Eni, de PETROCI Holding et de Vitol, marquant ainsi le lancement d’un programme industriel de grande ampleur.
Présidant la
cérémonie au nom du gouvernement, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, Ministre des
Mines, du Pétrole et de l’Énergie, a salué une décision à portée historique. Il
a souligné que la vision stratégique du Président de la République, Alassane
Ouattara, a permis à la Côte d’Ivoire de s’imposer, en moins de cinq ans, comme
un acteur énergétique de premier plan en Afrique. Selon lui, cette décision
confirme que le pays est aujourd’hui une terre d’opportunités, stable et
crédible pour attirer des investissements énergétiques majeurs.
Découvert en
2021, Baleine constitue la plus importante découverte d’hydrocarbures jamais
réalisée en Côte d’Ivoire, avec des ressources estimées à 2,5 milliards de
barils de pétrole brut et 3,3 trillions de pieds cubes de gaz naturel. Les deux
premières phases du projet ont déjà mobilisé 4,5 milliards de dollars et posé
les bases d’une infrastructure de production destinée à l’essor du secteur
énergétique. Le ministre a également annoncé l’élaboration, avec l’appui de la
Banque mondiale, d’un Plan Directeur pour le gaz naturel, afin de mieux
valoriser les ressources du gisement Calao et répondre aux besoins énergétiques
du pays ainsi qu’à ceux de la sous-région.
Sangafowa-Coulibaly
a insisté sur le caractère “net zéro” du projet, présenté comme une première en
Afrique combinant projets de développement durable et compensation carbone. Il
a cité notamment le programme de cuisson propre, qui a permis la distribution
de 200 000 foyers améliorés, la conservation et la restauration de 14 forêts
classées couvrant environ 145 000 hectares, ainsi que la production de
biocarburant à partir d’hévéas. Il a enfin rappelé la confiance des partenaires
du consortium dans le potentiel ivoirien et la solidité du partenariat entre
l’État de Côte d’Ivoire, Petroci Holding, Eni Côte d’Ivoire et Vitol.
Au nom d’Eni,
Guido Brusco, directeur des opérations (COO) du groupe, a indiqué que cette
décision finale dépasse le cadre d’un simple projet industriel. Il a affirmé
qu’elle constitue un signal de confiance en faveur de la Côte d’Ivoire et
témoigne de la solidité de la collaboration entre les acteurs du consortium. Il
a notamment précisé qu’avec la phase 3, la capacité de production atteindra 150
000 barils de pétrole par jour, contre 60 000 actuellement, et que le plateau
de production gazière sera porté à 200 millions de pieds cubes pour une durée
d’au moins douze ans. Il a expliqué que ce gaz sera principalement orienté vers
le marché domestique, en appui à la production d’électricité et à
l’industrialisation du pays.
Les responsables
ont également réaffirmé la priorité accordée au renforcement du contenu local,
notamment à travers la formation des compétences ivoiriennes, l’accès des
entreprises locales à la chaîne de valeur du projet et la création d’un
écosystème industriel générateur de valeur sur le territoire national. Pour les
acteurs du projet, les avancées enregistrées depuis 2021 et 2024 confirment le
potentiel du bassin ivoirien et ouvrent une nouvelle étape, plus ambitieuse,
pour l’avenir énergétique de la Côte d’Ivoire.
TEHOUA DABONG