L’un enseigne au primaire, l’autre au secondaire. Tous deux partagent la même conviction : rapprocher les enfants des réalités du monde agricole dès le plus jeune âge. Pour eux, il existe encore un fossé entre les connaissances acquises en classe et les compétences pratiques nécessaires pour réussir dans la vie active. Leur démarche vise donc à transmettre, de manière concrète, des savoir-faire utiles afin de préparer les élèves à mieux comprendre les métiers de l’agriculture et les opportunités qu’elle offre.
« Il y a un fossé entre les connaissances académiques et le sens des affaires du monde réel. Il faut mener ces activités, ces compétences au niveau des enfants pour que, lorsqu’ils deviendront adultes, ils puissent s’épanouir au niveau de l’agriculture sans grand problème », explique Joseph Koffi en substance. Ils lancent ainsi un appel pour qu’un soutien réel soit apporté à chaque école afin de permettre la multiplication de ce type d’initiatives.
Le projet a reçu samedi 24 juillet 2026 la visite du directeur général de l’université des entrepreneurs 2IAE Séraphin Koua et de son équipe. Sur place, les visiteurs ont salué l’engagement des deux enseignants ainsi que la pertinence de leur démarche. Impressionné, le responsable a estimé qu’il fallait encourager et féliciter ces acteurs de terrain, tout en invitant les autorités à dupliquer l’expérience dans les autres écoles de Yamoussoukro.
Pour lui, cette approche peut susciter très tôt l’intérêt des enfants pour l’agriculture et les amener, plus tard, à s’orienter vers les filières agricoles au secondaire puis dans le supérieur. L’objectif final est clair : contribuer à l’autosuffisance et à la sécurité alimentaire en formant une nouvelle génération sensibilisée aux enjeux du secteur.
Au-delà d’une simple activité scolaire, cette initiative donne à l’Agriculture Ivoirienne une dimension pédagogique et entrepreneuriale. En mettant les élèves du primaire en contact direct avec la terre, elle favorise l’apprentissage par la pratique, développe leur autonomie et nourrit leur esprit d’entreprise. Dans un contexte où le renouvellement des vocations agricoles demeure un défi, l’exemple de Yamoussoukro apparaît comme une piste concrète pour rapprocher l’école des réalités du développement rural.
EDGARD ASSEMIEN