CÔTE D'IVOIRE - GRÈVE DES AGENTS DES AFFAIRES MARITIMES : ENTRE DÉFENSE DES OCÉANS ET REVENDICATIONS SOCIALES 

Lundi 8 juin 2026, à 6 heures du matin, tous les services dépendant de la Direction générale des affaires maritimes ont observé un arrêt de travail officiel. Le syndicat SYNABEPAM a relancé son mot d’ordre de grève après des semaines de dialogue sans avancées concrètes, mettant fin à la tolérance affichée par les agents face à des conditions de travail jugées inacceptables.

‎«Depuis plusieurs années, les agents des affaires maritimes attendent dans le silence, dans la patience et dans la dignité une amélioration significative de leurs conditions de vie et de travail », a déclaré ce matin le secrétaire général Madjou Joël, traduisant la frustration d’un corps professionnel qui ne se reconnaît plus dans les réponses apportées à ses préoccupations.

‎Les revendications portées par le SYNABEPAM sont au nombre de six et visent principalement l’amélioration des conditions de vie et de travail : meilleure qualité des logements, réévaluation des primes professionnelles, renforcement des prestations médicales et pharmaceutiques, clarification et meilleures conditions d’utilisation de la carte du fonds de prévoyance, audit du fichier du personnel et conditions générales de travail revues. Le syndicat présente ces demandes comme responsables, structurées et conformes aux exigences républicaines.

‎Le choix du syndicat a longtemps été le dialogue. Entre avril et mai 2026, plusieurs rencontres ont eu lieu avec les autorités : la direction générale le 23 avril, l’inspection générale du ministère des Transports le 24 avril, le ministre délégué aux affaires maritimes le 28 avril, le directeur de cabinet le 19 mai, puis des séances au comité de concertation du ministre les 4 et 7 mai, présidées par l’inspecteur général des affaires maritimes. Après l’échange du 28 avril, le SYNABEPAM avait accepté de suspendre son appel à la grève pour laisser une chance au dialogue. Mais, après plusieurs semaines, aucune solution jugée satisfaisante n’a été proposée.

Face à cette absence de réponses, le syndicat a donc officiellement décidé de relancer son mot d’ordre de grève. L’arrêt de travail a commencé le 8 juin à 6 heures et pourra être prolongé si les revendications ne sont pas prises en compte dans un délai raisonnable. Le SYNABEPAM appelle à la mobilisation totale, demandant à tous les agents de rester solidaires et disciplinés dans leur action.

‎Le syndicat insiste sur la portée de son combat : « Notre lutte n’est dirigée contre aucune personne. Notre lutte n’est dirigée contre aucune institution. » Il précise que l’objectif est la justice sociale, le respect des agents et la reconnaissance de leur travail. Selon le syndicat, des agents motivés et traités équitablement contribuent davantage à l’efficacité et au rayonnement des services maritimes, pour le bien-être de leurs familles et la dignité professionnelle.

‎Le choix de la date du 8 juin, Journée mondiale des océans confère un symbole fort à cette mobilisation. Alors que les océans font face à des menaces environnementales croissantes, les agents chargés de leur protection dénoncent leurs propres conditions précaires. La grève se veut donc un acte double : défense des travailleurs et défense des océans qu’ils protègent.

‎Le SYNABEPAM appelle enfin au calme et à l’unité : discipline, sérénité, solidarité et respect strict des consignes syndicales. « Aucune intimidation ne doit briser notre unité. Aucune pression ne doit ébranler notre détermination. Aucune manœuvre ne doit diviser les agents. » Le secrétaire général conclut par un appel à la responsabilité collective : « L’histoire nous regarde. Les générations futures nous regardent. Ensemble, nous écrirons cette nouvelle page des affaires maritimes. »

‎TEHOUA DABONG 

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