- Publié le Mer 10 Juin 2026
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Alors que l’érosion côtière ronge les communes balnéaires et menace des centaines de ménages, le Réseau des Journalistes Ivoiriens contre la Crise Climatique et Environnementale (RJICCE) a exhorté dans un communiqué dont Green Media Africa a reçu copie , le gouvernement à formaliser sans délai l’ANAGIL afin de protéger les populations et de coordonner des mesures de gestion intégrée du littoral. Voici le communiqué dont-il est question:
« Le monde entier célèbre ce 8 juin 2026 la Journée mondiale des océans. Vivre au bord des plages était autrefois perçu comme une grâce divine et un luxe pour nos populations. Mais aujourd’hui, cela comporte des risques. L’élévation du niveau de la mer, conséquence directe du réchauffement climatique, menace les zones côtières mondiales et particulièrement les régions vulnérables d’Afrique et d’Asie, exposées à la submersion et à l’érosion. Le phénomène s’accélère, atteignant aujourd’hui environ 4 mm/an contre 1,5 mm/an au siècle dernier, selon les experts.
En Côte d’Ivoire, l’augmentation du niveau de la mer n’est plus à démontrer. À Grand-Bassam, en août 2024, l’océan Atlantique a débordé, causant d’importants dégâts pour des familles et des opérateurs économiques. Entre 2023 et 2024, 227 puis 304 ménages ont été affectés par la montée des eaux. La Société d’exploitation et de développement aéroportuaire, aéronautique et météorologique (SODEXAM) indiquait, le 10 août 2023, que les cités d’Assinie, Grand-Bassam, Abidjan et Jacqueville avaient été touchées par une forte marée avec des hauteurs de vagues « comprises entre 2,5 et 3 m le long de la côte Est ».
Au regard de ce qui précède, le Réseau des Journalistes Ivoiriens contre la Crise Climatique et Environnementale (RJICCE) tient à féliciter le gouvernement pour la création, en 2012, du Programme national de lutte contre le changement climatique (PNCC) et l’exhorte à se pencher sur les conséquences fâcheuses de l’érosion côtière. Nos remerciements vont au ministère de l’Environnement et de la Transition écologique pour la parfaite coordination du projet WACA, dont les résultats constituent une bouffée d’oxygène pour les communautés de Grand-Lahou.
Nous rappelons toutefois que, depuis 2012, le gouvernement s’est doté de mécanismes qu’il convient désormais d’appliquer pleinement contre l’érosion côtière. Il s’agit notamment de l’application intégrale de la loi n°2017-378 du 2 juin 2017 relative à l’aménagement, à la protection et à la gestion intégrée du littoral. L’article 37 prévoit la création de l’Agence nationale de gestion intégrée du littoral (ANAGIL). Neuf ans plus tard, nous attendons toujours les décrets d’application de l’ANAGIL.
Cette agence pourrait favoriser l’inclusion des communautés riveraines dans la gestion du littoral. Nous sommes convaincus que l’ANAGIL permettrait de lutter efficacement contre l’érosion côtière et de freiner l’avancée du niveau de la mer.
Le RJICCE invite le gouvernement à :
- tout mettre en œuvre pour la création de l’Agence nationale de gestion intégrée du littoral (ANAGIL);
- accélérer la mise en œuvre du nouveau code de l’environnement.
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.
Fait à Abidjan, le 8 juin 2026
Elvis GOUZA Lagôdjou
Directeur exécutif du Réseau des Journalistes Ivoiriens contre la Crise Climatique et Environnementale (RJICCE)»
EDGARD ASSEMIEN