CÔTE D’IVOIRE-VERS UN DISPOSITIF NATIONAL DE PRÉVISIONS AGRO-CLIMATIQUES POUR SÉCURISER L’AGRICULTURE 

Face à la variabilité climatique qui fragilise la production agricole, le gouvernement ivoirien prépare la mise en place d’un dispositif national de prévisions agro-climatiques. Une initiative stratégique annoncée à Abidjan lors d’un atelier de validation organisé par la SODEXAM.

Le gouvernement ivoirien renforce sa riposte contre les effets du dérèglement climatique sur le secteur agricole. Jeudi 29 janvier 2026 à Abidjan, le directeur général du développement rural, Rodrigue Koffi N’Guessan, a annoncé les travaux en cours pour la création d’un dispositif national de prévisions agro-climatiques, destiné à améliorer la planification et la résilience des activités agricoles.

Il s’exprimait à l’ouverture d’un atelier de validation organisé par la Société d’exploitation et de développement aéroportuaire, aéronautique et météorologique (SODEXAM), en collaboration avec ses partenaires techniques. La rencontre visait à valider une analyse diagnostique sur l’utilisation des données climatiques par les producteurs agricoles.

Selon Rodrigue Koffi N’Guessan, la mise en place de ce dispositif constitue une urgence.

« Ce dispositif est un impératif pour améliorer les calendriers culturaux qui ont montré leurs limites face à la variabilité climatique », a-t-il déclaré.

Traditionnellement fondés sur des cycles saisonniers relativement stables, les calendriers agricoles actuels ne correspondent plus aux réalités climatiques observées sur le terrain. Les retards et irrégularités des pluies, conjugués à la hausse des températures, perturbent les périodes de semis, réduisent les rendements et exposent les producteurs à des pertes répétées.

Le directeur général du développement rural a également attiré l’attention sur la situation préoccupante des régions de l’intérieur du pays, de plus en plus confrontées à une raréfaction critique des pluies.

Cette sécheresse prolongée affecte non seulement les cultures, mais aussi les conditions de vie des populations rurales.

« Elle rend les conditions de travail et de vie extrêmement difficiles, surtout dans les villages, accentuant la vulnérabilité des communautés rurales », a-t-il déploré.

Dans un pays où l’agriculture demeure un pilier de l’économie nationale, ces difficultés climatiques constituent un enjeu économique et social majeur.

Les chiffres confirment l’ampleur du phénomène. D’après un document de la Direction de la lutte contre les changements climatiques, la hausse des températures et les modifications du régime des pluies ont déjà affecté près d’un quart du Produit intérieur brut (PIB) de la Côte d’Ivoire et plus de la moitié des emplois, largement concentrés dans le secteur agricole.

Le futur dispositif de prévisions agro-climatiques ambitionne ainsi de fournir aux producteurs des informations climatiques fiables, accessibles et adaptées, afin d’anticiper les risques, d’optimiser les décisions agricoles et de renforcer la sécurité alimentaire.

À terme, cette initiative pourrait marquer une étape décisive vers une agriculture ivoirienne plus résiliente face aux changements climatiques, conciliant performance économique et protection des communautés rurales.

 

BINGO WILLIAMS

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