Recherche...
--°
Détection en cours...
Ressenti : --°
Prochaines heures
Jours à venir
Détails météo
Humidité --%
Vent -- km/h
Précipitations -- mm


Un prix national ivoirien fixé à 1 200 FCFA place le pays en queue de classement

Un prix national ivoirien fixé à 1 200 FCFA place le pays en queue de classement
Image d'illustration des fièvres séchées
La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, affiche pour la campagne 2026‑2027 le prix au kilogramme bord champ le plus bas parmi les vingt plus grands pays producteurs listés, à 1 200 FCFA. Ce niveau, nettement inférieur à celui annoncé par des concurrents tels que la République dominicaine et le Guatemala (3 000 FCFA), le Pérou (2 900 FCFA) ou le Brésil (2 600 FCFA), suscite de vives interrogations chez les agriculteurs et acteurs du secteur.

Les écarts sont marqués : dans plusieurs pays d’Amérique latine et d’Asie, le prix bord champ dépasse régulièrement 2 500 FCFA par kilogramme. Un prix national ivoirien fixé à 1 200 FCFA place le pays en queue de classement, devant seulement des producteurs comme le Togo et la Sierra Leone (1 800 FCFA). Pour les producteurs ivoiriens, cette différence influe directement sur la capacité d’investissement dans les exploitations, l’achat d’engrais et de traitements phytosanitaires, ainsi que sur le maintien de revenus décents pour les familles rurales.

‎ Plusieurs jeunes planteurs interrogés expriment leur désarroi. « Avec ce prix, il est difficile de renouveler nos vergers ou d’employer de la main‑d’œuvre pendant les périodes de récolte », confie un producteur. D’autres soulignent le risque d’exode rural et de baisse de la qualité si les investissements nécessaires ne sont pas assurés. Les coopératives locales réclament davantage de transparence sur les mécanismes de fixation des prix et des mesures d’accompagnement ciblées.

‎Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’écart des prix : coûts logistiques et fiscaux nationaux, politique de soutien public, niveaux de transformation locale, variations de qualité des fèves, ainsi que la présence d’aides ou de certifications valorisantes dans certains pays. La dynamique du marché mondial du cacao influencée par la demande des industries chocolatières, les cours internationaux et les spéculations joue également un rôle déterminant.

‎Les autorités ivoiriennes et les organisations professionnelles du cacao sont sous pression pour justifier et, le cas échéant, ajuster la stratégie nationale. Des mesures proposées par des acteurs du secteur incluent la revalorisation du prix bord champ, la mise en place de programmes d’appui aux jeunes agriculteurs, l’amélioration de l’accès au crédit et à la formation, ainsi que le développement d’une filière de transformation locale pour capter davantage de valeur ajoutée. Les décideurs doivent concilier stabilité des revenus des producteurs et compétitivité sur les marchés internationaux.

‎Au‑delà de l’économie, le prix bord champ est devenu un enjeu social et politique. Les jeunes, en particulier, craignent que des prix bas répétés n’alimentent le mécontentement et ne compromettent la relève agricole. Le débat prend aussi une dimension géopolitique : comment protéger la principale ressource d’exportation nationale tout en restant attractif pour les acheteurs mondiaux ?

‎Le classement comparatif des prix bord champ pour la campagne 2026‑2027 met en lumière un défi majeur pour la Côte d’Ivoire : préserver la viabilité des exploitations cacao tout en améliorant la valeur captée localement. Les prochaines décisions politiques et les initiatives du secteur privé seront déterminantes pour garantir un avenir durable aux producteurs ivoiriens, en particulier aux jeunes qui constituent la relève du secteur.

Auteur
Rédigé par

Edgard Assemien

Journaliste Reporter

  Commentaires  

Derniers commentaires (0)

Soyez le premier à laisser un commentaire sur cet article !


  À lire aussi  
Le Gouvernement de Côte d'Ivoire alerte sur le risque de contamination à la Listeria de sachets de petits pois et carottes surgelés
Le Gouvernement de Côte d'Ivoire alerte sur le risque de contamination à la Listeria de sa...

Le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, en lien avec le ministère de la Santé, d...

Filière Cacao : Le Cameroun se moque de la Côte d'Ivoire
Filière Cacao : Le Cameroun se moque de la Côte d'Ivoire

À l’ouverture de la campagne principale 2026–2027, une comparaison spectaculaire relayée par le mini...

Un prix national ivoirien fixé à 1 200 FCFA place le pays en queue de classement
Un prix national ivoirien fixé à 1 200 FCFA place le pays en queue de classement

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, affiche pour la campagne 2026‑2027 le prix au...

Incendie dans les magasins de l'ancien cinéma Olympia de Man :  Vagondo Diomandé vole au secours des sinistrés
Incendie dans les magasins de l'ancien cinéma Olympia de Man : Vagondo Diomandé vole au s...

Le ministre ivoirien de l’Intérieur et de la Sécurité, le général de corps d’armée Vagondo Diomandé,...

Ponts-bascule non homologués  en Côte d'Ivoire : le Conseil Hévéa-Palmier à huile-Coco frappe fort
Ponts-bascule non homologués en Côte d'Ivoire : le Conseil Hévéa-Palmier à huile-Coco fra...

Le Conseil Hévéa-Palmier à huile-Coco a annoncé, ce 28 juillet 2026 à Abidjan, l’arrêt immédiat des...

Des commerçants de Bouaké s’unissent pour défendre leurs intérêts
Des commerçants de Bouaké s’unissent pour défendre leurs intérêts

Grossistes, semi-grossistes et détaillants de Bouaké se sont réunis samedi 25 juin 2026 au foyer mun...