- Publié le Lun 11 Mai 2026
- >agriculture [137 articles] | 538 Vue(s)
La Côte d’Ivoire entend renforcer sa souveraineté alimentaire face à une dépendance encore importante aux importations de produits vivriers. En 2025, le pays a déboursé près de 1 740 milliards FCFA pour l’achat de denrées alimentaires à l’étranger, dont environ 660 milliards FCFA consacrés au riz. Des chiffres qui traduisent la fragilité du système alimentaire national et les défis à relever pour garantir une production locale capable de satisfaire les besoins des populations.
Cette
situation intervient dans un contexte où le sous-secteur vivrier demeure
principalement dominé par de petits producteurs agricoles confrontés à de
nombreuses difficultés. Le faible niveau de mécanisation, l’accès limité aux
intrants de qualité, notamment les semences améliorées, ainsi que les faibles
rendements continuent de freiner les performances du secteur. Les producteurs
doivent également faire face à l’insuffisance des infrastructures de
conservation et de stockage, entraînant d’importantes pertes après récolte.
Le problème
du financement reste également un obstacle majeur au développement de
l’agriculture vivrière. Seulement une faible proportion des investissements
nationaux est orientée vers le secteur agricole, limitant les capacités de
modernisation des exploitations et de transformation des produits locaux.
Malgré ces
contraintes, les perspectives de développement du vivrier restent importantes.
Avec la croissance rapide de la population et l’urbanisation de plus en plus
marquée, la demande en produits alimentaires locaux ne cesse d’augmenter. Les
cultures telles que le riz, le manioc, le maïs, l’igname, la banane plantain ou
encore le maraîchage représentent ainsi de véritables opportunités économiques
pour les producteurs et les transformateurs.
Dans cette
dynamique, l’entrepreneuriat agricole gagne progressivement du terrain. De
nombreux jeunes diplômés issus des écoles et centres de formation agricole se
lancent dans des projets de production et de transformation agroalimentaire à
travers plusieurs régions du pays. Ces initiatives contribuent non seulement à
l’amélioration de l’offre alimentaire locale, mais aussi à la création
d’emplois et de revenus pour les jeunes et les femmes.
Afin
d’accompagner cette transformation, les pouvoirs publics multiplient les
mécanismes d’appui au financement agricole. Le fonds à coûts partagés a déjà
permis de soutenir plus de 1 100 projets pour un montant supérieur à 23
milliards FCFA. En parallèle, le Programme de Développement des Chaînes de
Valeur Vivrières (PDC2V) poursuit son déploiement avec un taux de décaissement
estimé à près de 68,9 %.
Le
gouvernement ivoirien entend également accélérer la modernisation du secteur à
travers les orientations du Plan National de Développement 2026-2030. Cette
stratégie prévoit notamment l’amélioration de la productivité agricole, le
renforcement des capacités de transformation locale et une meilleure
structuration des chaînes de valeur vivrières.
Face aux
enjeux liés à la sécurité alimentaire et à la volatilité des marchés
internationaux, les autorités misent désormais sur une agriculture vivrière
plus performante et compétitive. L’entrepreneuriat agricole apparaît ainsi
comme l’un des principaux leviers pour bâtir une économie agricole résiliente
et réduire durablement la dépendance alimentaire de la Côte d’Ivoire.
BINGO
WILLIAMS