Garantir la pérennité des marchés ruraux passe par une gouvernance claire et participative : c’est le message central des travaux tenus à Korhogo, où la validation des statuts des communautés de développement villageois (CDV) et des communautés de gestion des marchés (COGESMA) occupe le devant de la scène.
L’atelier a permis d’examiner en détail les organes et procédures nécessaires pour assurer le bon fonctionnement des infrastructures marchandes qui seront remises aux communautés. Pendant deux jours, les participants ont débattu des modalités de co-gestion entre les collectivités territoriales et les bénéficiaires locaux afin d’installer un dispositif durable et conforme au cadre légal qui confie la gestion des marchés aux autorités locales.
Pour les porteurs du projet COSO, la durabilité des investissements n’est pas seulement technique : « Elle dépend aussi de l’appropriation par les populations. Il faut structurer la gestion et redonner aux communautés la capacité de gérer elles‑mêmes ces activités », a expliqué la coordinatrice du projet, Dr Mariam Ouattara, rappelant que, si autrefois certaines tâches relevaient des sous‑préfectures , elles relèvent aujourd’hui des prérogatives des collectivités. La formalisation des statuts des Comités de Développement Villageois et des Comités de Gestions des Marchés Ruraux vise précisément à créer les conditions d’une gestion locale efficace.
Les échanges ont également abordé les mécanismes de financement nécessaires pour assurer l’entretien courant, la sécurité et la gestion administrative des sites, éléments indispensables pour transformer ces infrastructures en leviers durables de l’activité économique locale. Le préfet de région de la Bagoué, Soumahoro Soualiho , président de cette séance de travail a félicité l'unité de coordination du Projet COSO pour cette "belle initiative" qui invite chaque acteur de développement local à s'impliquer pleinement à la gestion de ces infrastructures communautaires.
En dotant les communautés d’outils juridiques et organisationnels et en inscrivant la gestion dans une logique participative , le projet COSSO mise sur la responsabilisation locale pour faire des marchés ruraux des moteurs pérennes du développement économique dans le nord du golfe de Guinée.
TEHOUA EDGARD