ENVIRONNEMENT : LE GOUVERNEMENT VEUT REPOSITIONNER LE CENTRE IVOIRIEN ANTIPOLLUTION AU CŒUR DE LA TRANSITION ECOLOGIQUE 

Face à l’accélération du développement urbain et industriel en Côte d’Ivoire, le gouvernement entend muscler son dispositif de veille environnementale. En visite officielle au Centre Ivoirien Antipollution (CIAPOL), lundi 2 mars 2026, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a affiché sa détermination à renforcer durablement cette structure stratégique.

Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une tournée de prise de contact avec les organismes placés sous la tutelle du ministère. Elle vise à évaluer les réalités organisationnelles, techniques et humaines de ces entités, en vue de définir des priorités claires pour les prochaines années.

 

Dans son intervention, le ministre a insisté sur la nécessité d’anticiper les impacts environnementaux liés à la croissance rapide du pays. « La Côte d’Ivoire se développe vite, trop vite », a-t-il déclaré, appelant à concilier expansion économique, préservation du capital naturel et protection de la santé des populations.

Pour Abou Bamba, le CIAPOL doit occuper une place centrale dans l’encadrement technique de cette dynamique. Il a ainsi annoncé un renforcement des moyens opérationnels du Centre, une consolidation de ses ressources humaines et une extension progressive de sa présence dans les 31 régions du pays. L’objectif est d’intensifier les contrôles, de sensibiliser davantage les acteurs publics et privés et d’assurer une application rigoureuse des normes environnementales.

 

Le ministre a également salué la convention de partenariat signée le 27 février entre le CIAPOL et le Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI), estimant que cette collaboration favorisera une meilleure intégration des exigences environnementales dans les projets d’investissement.

De son côté, le directeur du Centre, le Professeur Bernard Ossey Yapo, a qualifié cette visite de « hautement symbolique ». Il a rappelé que l’institution, qu’il dirige depuis le 5 octobre 2023, a subi d’importants préjudices lors de la crise post-électorale de 2010, avec la destruction de ses locaux et de son plateau technique.

 

Depuis lors, le personnel a dû travailler dans des espaces restreints, notamment à l’immeuble Noguès au Plateau et à Attoban, une situation ayant fortement limité les capacités techniques du Centre. Certaines entités, à l’image du Laboratoire Central de l’Environnement, ont vu leurs activités scientifiques réduites à des fonctions administratives.

Malgré ces contraintes, des initiatives ont été engagées pour reloger les différentes sous-directions et redonner au Laboratoire Central de l’Environnement ainsi qu’au Bureau du Port les moyens d’exercer pleinement leurs missions.

 

À travers cet engagement politique affiché, le gouvernement entend redonner au CIAPOL toute sa place dans la gouvernance environnementale nationale, à un moment où les défis liés à la pollution et à la transition écologique s’imposent avec acuité.

 

BINGO WILLIAMS


 Veuillez laisser un commentaire 
 A lire aussi