CÔTE D’IVOIRE/SÉCURITÉ ET SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRES : L’INTERPROFESSION DE LA FILIÈRE MANIOC OFFICIELLEMENT LANCÉE 

La filière manioc en Côte d’Ivoire franchit une étape décisive avec le lancement officiel de l’Organisation Interprofessionnelle Agricole de la filière Manioc (OIA Manioc). L’événement s’est tenu ce mardi à Abidjan-Marcory, à l’occasion d’une table ronde réunissant pouvoirs publics, partenaires techniques et financiers, institutions financières, acteurs du secteur privé ainsi que les principaux acteurs de la chaîne de valeur du manioc.

Présidée par Clément Tiegnon, sous-directeur des Chambres consulaires et de la professionnalisation au ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, cette rencontre marque le point de départ d’une nouvelle dynamique pour la filière. Selon le président du Conseil d’administration de l’OIA Manioc, Yedoh Kévin Nomel, l’Interprofession ambitionne, sur les trois prochaines années, de renforcer le positionnement industriel et régional du manioc afin de contribuer efficacement à la sécurité et à la souveraineté alimentaires du pays.

Dans cette perspective, l’OIA Manioc entend consolider sa gouvernance, établir une cartographie précise de la filière et mettre en place des mécanismes performants de collecte de données et de traçabilité. Elle prévoit également de structurer des dispositifs de financement adaptés aux différents maillons de la chaîne de valeur, tout en déployant des standards de qualité harmonisés et des contrats d’approvisionnement sécurisés.

Pour le PCA, la création de l’OIA Manioc symbolise un véritable changement de paradigme. « Il s’agit du passage d’une filière fragmentée à une filière organisée et ambitieuse. L’OIA Manioc se positionne comme un cadre de coordination entre tous les acteurs, un interlocuteur unique pour l’État et les partenaires financiers, mais aussi une plateforme stratégique de dialogue, de plaidoyer et de garantie institutionnelle », a-t-il souligné.

Sur le plan économique et social, les retombées attendues sont significatives. La filière manioc représente actuellement 12,4 % du PIB agricole ivoirien et 2,8 % du PIB national. Elle génère une production annuelle estimée à 8,4 millions de tonnes, couvre 31 régions du pays et mobilise environ 1,5 million d’acteurs regroupés au sein de 950 organisations. À cela s’ajoutent 54 produits dérivés, dont l’attiéké, le placali, le tapioca, l’amidon et la farine. En matière d’employabilité, l’OIA Manioc annonce la création de 48 200 emplois et la mise à disposition de 2 milliards de boutures certifiées.

Les acteurs de la transformation et de la commercialisation ont salué cette initiative. La présidente nationale des transformateurs de manioc, Sieni Zodi, et la présidente de l’Association nationale des commerçants de manioc de Côte d’Ivoire, Affoué Brou, estiment que l’Interprofession contribuera à renforcer les capacités des acteurs, à améliorer leur rentabilité financière, tout en réduisant les pertes post-récoltes et l’impact de la volatilité des prix.

Cette table ronde a été organisée par l’OIA Manioc avec l’appui de LadyAgri Impact Investment Hub, dans le cadre du programme SAFAF « Sécurité Alimentaire de la Fourche à la Fourchette », cofinancé par l’Union européenne, en partenariat avec l’Office de Commercialisation des Produits Vivriers (OCPV) et en collaboration avec le ministère de l’Agriculture. Une initiative qui confirme la place stratégique du manioc dans le développement agricole et économique de la Côte d’Ivoire.

 

BINGO WILLIAMS

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