CÔTE D’IVOIRE-CRISE DE COMMERCIALISATION DU CACAO : LA CAPUWO INTERPELLE L’ÉTAT POUR L’ENLÈVEMENT DES STOCKS 

La Coopérative agricole des producteurs unis du Worodougou (CAPUWO) tire la sonnette d’alarme face à la crise de commercialisation du cacao qui frappe durement les producteurs de la région. Elle appelle l’État ivoirien à respecter ses engagements d’enlèvement des stocks afin de soulager des milliers de planteurs aujourd’hui sans revenus.

Le président du conseil d’administration de la CAPUWO, Ibrahim Diomandé, a dénoncé la saturation des magasins intérieurs, conséquence directe du non-enlèvement des stocks de cacao.

Selon lui, l’absence de connaissements et de financements empêche l’évacuation des produits, plongeant les producteurs dans une situation économique critique. Contraints de déposer leurs récoltes en dépôt-vente, de nombreux planteurs se retrouvent sans paiement depuis plusieurs semaines.
« Les produits sont là, mais l’argent n’est pas remboursé et les producteurs souffrent », a-t-il déploré.

M. Diomandé a averti que le non-respect des promesses faites par les autorités en matière d’enlèvements pourrait aggraver davantage la crise actuelle. Il a lancé un appel pressant au nouveau ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Koné, ainsi qu’au gouvernement, afin que des mesures urgentes soient prises pour libérer les stocks et assurer la rémunération des producteurs.

Tout en saluant les efforts du chef de l’État, notamment la fixation du prix bord champ du cacao à 2 800 FCFA le kilogramme, la CAPUWO estime que ces mesures restent insuffisantes sans un accompagnement plus fort des partenaires financiers et institutionnels.

« Nous ne voulons pas que le nom du président de la République soit associé négativement à ce problème de café-cacao. Nous demandons son implication directe pour que les producteurs retrouvent leur dignité », a plaidé le président de la coopérative.

Regroupant de nombreux producteurs du Worodougou, la CAPUWO appelle à une mobilisation nationale autour de la filière café-cacao, pilier majeur de l’économie ivoirienne aujourd’hui fragilisé par les blocages de commercialisation. Pour la coopérative, le respect effectif des engagements d’enlèvements demeure la clé pour sortir durablement de la crise et garantir des revenus décents aux producteurs.

 

BINGO WILLIAMS

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