- Publié le Mar 03 Février 2026
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La Coopérative agricole des producteurs unis du Worodougou (CAPUWO) tire la sonnette d’alarme face à la crise de commercialisation du cacao qui frappe durement les producteurs de la région. Elle appelle l’État ivoirien à respecter ses engagements d’enlèvement des stocks afin de soulager des milliers de planteurs aujourd’hui sans revenus.
Le président du conseil d’administration de la CAPUWO, Ibrahim
Diomandé, a dénoncé la saturation des magasins intérieurs, conséquence
directe du non-enlèvement des stocks de cacao.
Selon lui, l’absence de connaissements et de financements
empêche l’évacuation des produits, plongeant les producteurs dans une situation
économique critique. Contraints de déposer leurs récoltes en dépôt-vente, de
nombreux planteurs se retrouvent sans paiement depuis plusieurs semaines.
« Les produits sont là, mais l’argent n’est pas remboursé et les producteurs
souffrent », a-t-il déploré.
M. Diomandé a averti que le non-respect des promesses faites
par les autorités en matière d’enlèvements pourrait aggraver davantage la crise
actuelle. Il a lancé un appel pressant au nouveau ministre de l’Agriculture, du
Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Koné, ainsi
qu’au gouvernement, afin que des mesures urgentes soient prises pour libérer
les stocks et assurer la rémunération des producteurs.
Tout en saluant les efforts du chef de l’État, notamment la
fixation du prix bord champ du cacao à 2 800 FCFA le kilogramme, la
CAPUWO estime que ces mesures restent insuffisantes sans un accompagnement plus
fort des partenaires financiers et institutionnels.
« Nous ne voulons pas que le nom du président de la
République soit associé négativement à ce problème de café-cacao. Nous
demandons son implication directe pour que les producteurs retrouvent leur
dignité », a plaidé le président de la coopérative.
Regroupant de nombreux producteurs du Worodougou, la CAPUWO
appelle à une mobilisation nationale autour de la filière café-cacao, pilier
majeur de l’économie ivoirienne aujourd’hui fragilisé par les blocages de
commercialisation. Pour la coopérative, le respect effectif des engagements
d’enlèvements demeure la clé pour sortir durablement de la crise et garantir
des revenus décents aux producteurs.
BINGO WILLIAMS