- Publié le Ven 19 Décembre 2025
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La production aurifère du Burkina Faso a bondi de 58% en glissement annuel, atteignant 70,43 tonnes au troisième trimestre 2025, contre 61 tonnes pour l’ensemble de 2024. Selon le ministre des Mines Yacouba Zabré Gouba, cité par la presse locale, cette progression repose essentiellement sur le secteur artisanal, qui a collecté 29,56 tonnes sur les neuf premiers mois, contre seulement 5,57 tonnes un an plus tôt.
Cette percée n’est pas fortuite. La Société Nationale des
Substances Précieuses (SONASP), créée pour acheter la production artisanale et
semi-mécanisée, a déployé des comptoirs d’achat à travers le pays. Ouagadougou
a parallèlement formalisé des coopératives d’artisans miniers, les intégrant
aux circuits officiels de commercialisation.
Cette dynamique compense un secteur industriel stable à
40,87 tonnes fin septembre 2025 (contre 39,24 tonnes en 2024). Touché par
l’insécurité, les fermetures de mines et les restructurations (Fortuna Mining,
Endeavour Mining), ce segment stagne après trois ans de baisse. Le gouvernement
a riposté en reprenant le contrôle de certaines mines et en attirant de
nouveaux investisseurs.
Dans un contexte de hausse de 65% du prix de l’or, les mines
industrielles étrangères dominent encore. Orezone (Canada) a investi 80
millions USD mi-décembre pour booster de 45% sa production à Bomboré. Pourtant,
le nationalisme des ressources prôné par le président Ibrahim Traoré, au pouvoir
depuis le coup d’État de 2022, sème l’incertitude.
Le gouvernement exige ainsi jusqu’à 50% dans la mine Kiaka (West African Resources, Australie), l’une des plus productives (7 tonnes/an prévues sur 20 ans). L’État en détient déjà 15%, mais l’issue reste ouverte. Le nouveau code minier de 2024 autorise de telles participations onéreuses, menaçant d’autres projets aurifères.
Rédaction