- Publicité -

LES LITIGES FONCIERS AU LIBERIA POUSSENT DES PLANTEURS IVOIRIENS ET BURKINABÈ A REVENIR MASSIVEMENT À TAÏ

LES LITIGES FONCIERS AU LIBERIA POUSSENT DES PLANTEURS IVOIRIENS ET BURKINABÈ A REVENIR MASSIVEMENT À TAÏ
IMAGE D'ILLUSTRATION : UN PLANTEUR DANS UNE PLANTATION DE CACAO
Un exode discret mais soutenu ramène vers Taï, dans l’Ouest ivoirien, des milliers de planteurs qui avaient traversé la frontière pour cultiver le cacao au Liberia. Motivés d’abord par la disponibilité des terres et le climat propice, ces exploitants viennent aujourd’hui quitter les vergers libériens, excédés par des conflits de partage et des promesses non tenues.

Depuis la raréfaction des terres arables dans le bassin cacaoyer ivoirien, de nombreux producteurs pour l’essentiel des Burkinabè et des Ivoiriens ont investi des parcelles au Liberia selon des accords informels connus localement sous le nom de « planter-partager ». Le principe : le planteur finance et entretient la plantation jusqu’à la mise en production, avant de diviser ensuite le verger en deux parts égales avec le propriétaire foncier.

‎Mais lorsque les plants ont atteint leur rendement, une part importante des tensions éclate. Plusieurs planteurs rapportent que certains propriétaires libériens remettent en cause le partage prévu, cherchant à continuer de faire travailler les exploitants sur leurs parts tout en proposant un partage des revenus qui diffère des engagements initiaux. Résultat : refus, désillusion et départs.

‎Moussa K., planteur installé depuis trois ans au Liberia, résume le malaise : ses « tuteurs » exigent aujourd’hui qu’il gère l’entretien de l’ensemble de la parcelle, sans respecter la division promise des revenus. Fatigués par ces pratiques, beaucoup renoncent. « J’ai vu une quarantaine de planteurs Baoulé et Mossi marcher jusqu’au poste-frontière de Daobly, depuis Zéastan, à une centaine de kilomètres », raconte-t-il. Certains n’ont pas encore de plan B et subissent la situation en attendant une issue.

‎À leur arrivée à Taï, les trajectoires se diversifient. Les plus modestes trouvent des emplois comme ouvriers dans les hévéa; d’autres, mieux dotés financièrement, investissent dans l’achat et la réhabilitation d’anciens vergers de cacao. Plusieurs se réorientent aussi vers la maçonnerie, le transport ou le commerce. Des témoignages font également état d’exploitants qui ont détruit leurs plantations au Liberia avant de partir, geste désespéré révélateur de la rupture de confiance.

‎Sensibles à l’ampleur du phénomène, des acteurs libériens , autorités et propriétaires fonciers seraient engagés dans des consultations pour revoir les modalités des contrats agraires à l’avenir. L’enjeu est double : sécuriser des accords qui ont attiré une main-d’œuvre abondante et prévenir un exode qui pourrait affecter les filières cacao des deux côtés de la frontière.

‎Pour Taï et la région, ce retour massif représente un défi socio-économique et une opportunité. À court terme, il génère une pression sur l’emploi et les services locaux; à moyen terme, il pourrait enrichir les compétences agricoles locales si des politiques d’accueil, d’appui à la réinstallation et d’accès au foncier sont mises en place.

‎TEHOUA DABONG 

  Commentaires  
  À lire aussi  
220 000 tonnes de cola produites en Côte d'Ivoire en 2025.
220 000 tonnes de cola produites en Côte d'Ivoire en 2025.

La Côte d’Ivoire confirme une légère hausse de sa production de cola en 2025, atteignant 220 000 ton...

106 jeunes certifiés aux métiers agro-pastoraux : l’État mise sur la formation pour moderniser l’agriculture
106 jeunes certifiés aux métiers agro-pastoraux : l’État mise sur la formation pour modern...

L’Institut National de Formation Professionnelle Agricole ( INFPA) a remis, ce mardi 21 juillet, des...

80% des producteurs perdent une partie de leur récolte à cause d’un mauvais entretien du bananier-plantain.
80% des producteurs perdent une partie de leur récolte à cause d’un mauvais entretien du b...

Planter des variétés performantes ne suffit pas : sans entretien adapté, les rendements restent déce...

2,8 milliards FCFA d’intrants et d’équipements remis aux producteurs du Nord pour booster la campagne 2026
2,8 milliards FCFA d’intrants et d’équipements remis aux producteurs du Nord pour booster...

Le ministre ivoirien en charge de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, a remis le 18 juillet à Tengrél...

La Station de recherche agronomique de Ferké sinistrée :  Une visite d'espoir de Bernard Kini Comoé
La Station de recherche agronomique de Ferké sinistrée : Une visite d'espoir de Bernard K...

À l'issue d'une tournée dédiée aux initiatives agricoles, le ministre délégué auprès du ministère de...

La Côte d'Ivoire mise sur la qualité de son café pour conquérir le marché mondial
La Côte d'Ivoire mise sur la qualité de son café pour conquérir le marché mondial

« La qualité doit redevenir notre principal atout pour retrouver des parts de marché et générer de l...

Le Ministre Bruno Nabagné Koné expose les enjeux et opportunités agricoles lors des Assises du Groupe consultatif pour le financement du PND 2026‑2030
Le Ministre Bruno Nabagné Koné expose les enjeux et opportunités agricoles lors des Assise...

Le Ministre de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières,Bruno Nabagné Koné...

Le Réseau des Mutuelles de Gbêkê distribuent semences et boutures à 382 producteurs
Le Réseau des Mutuelles de Gbêkê distribuent semences et boutures à 382 producteurs

L'Auberge des Jeunes de Bouaké a accueilli une cérémonie qui a fait souffler un vent d’espoir sur le...