- Publié le Jeu 29 Janvier 2026
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Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte d’Ivoire, a accueilli un atelier stratégique consacré à la transformation du cacao. Organisé pour les Organisations Professionnelles Agricoles (OPA) membres de la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable (PICD), cet événement s’inscrit dans un contexte de profondes mutations de la filière cacaoyère nationale, marqué par la montée de la transformation locale et l’apparition de nouvelles exigences réglementaires internationales.
La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, doit
aujourd’hui relever de nombreux défis : pauvreté des producteurs, travail des
enfants, déforestation et pressions croissantes liées à la traçabilité, aux
droits humains et à la durabilité environnementale. Conscientes de ces enjeux,
les organisations de producteurs et la société civile cherchent à jouer un rôle
plus actif dans la gouvernance du secteur.
L’atelier de Yamoussoukro vise à renforcer les capacités
institutionnelles, économiques et réglementaires des OPA afin de les aider à
développer un plaidoyer structuré et efficace pour une transformation plus
inclusive. « Nous voulons que les participants comprennent mieux les enjeux de
la transformation, mais aussi qu’ils puissent défendre un plaidoyer coordonné
», explique Thonon Zacharie, formateur. « Aujourd’hui, la transformation locale
atteint environ 70 %, mais elle reste largement dominée par les grandes
entreprises. Il est crucial d’intégrer les petits transformateurs, les
coopératives et les producteurs pour construire une filière plus équitable et
compétitive. »
Si la transformation locale offre de nouvelles opportunités
de création de valeur et d’emplois, elle comporte aussi des défis, notamment la
marginalisation possible des petits producteurs face à des normes strictes et
des coûts d’investissement élevés. L’atelier ambitionne donc de préparer les
OPA à ces enjeux et à influencer les politiques publiques et privées du
secteur.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet «
Renforcement de la société civile pour la durabilité et la bonne gouvernance de
la filière cacao en Côte d’Ivoire », cofinancé par l’Union européenne et mis en
œuvre par un consortium composé d’Inades-Formation Côte d’Ivoire, de l’IDEF, de
Solidaridad West Africa, d’INKOTA et de Fern. Déployé de mai 2023 à avril 2026
dans les 13 délégations régionales du Conseil Café-Cacao (CCC), le projet vise
à professionnaliser et à renforcer la légitimité de la société civile
ivoirienne dans les espaces de dialogue et de décision, au plan national et
international.
Pour Zéhi Pauline, co-coordonnatrice de la PICD, cet atelier
représente un moment clé : « Nous voulons que les membres du groupe thématique
Transformation comprennent les enjeux réglementaires, les processus de
transformation, la qualité sanitaire et l’accès au marché. À terme, nous
souhaitons identifier des axes de plaidoyer solides pour soutenir la
transformation à petite échelle et encourager la consommation locale des
produits dérivés du cacao. »
Les participants, enthousiastes, témoignent de l’importance
de cette initiative. Louise Topé, responsable d’OPA, souligne : « La
transformation locale et la consommation des produits dérivés du cacao
constituent aujourd’hui des solutions crédibles aux défis de la filière. Les
coopératives sont essentielles, car elles rapprochent les producteurs des
marchés et veillent à la qualité. La coopération entre elles est indispensable
pour réussir, même à petite échelle. »
Grâce à cet atelier, la PICD et ses partenaires souhaitent
poser les bases d’un plaidoyer cohérent et durable pour que la transformation
du cacao devienne un véritable levier de développement, inclusif et souverain,
au profit des producteurs et des communautés rurales.
BINGO WILLIAMS