- Publié le Mar 03 Février 2026
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La culture du manioc en Côte d'Ivoire est un pilier de l'agriculture, avec une production en forte croissance qui atteint plus de 8 millions de tonnes en 2023. Cette filière mérite un soutien gouvernemental renforcé pour surmonter ses défis et maximiser son potentiel socio-économique.
La production de
manioc a bondi de 4,4 millions de tonnes en 2015 à 8,2 millions en 2023, avec
un taux de croissance annuel moyen de 8,2%. Le pays se classe parmi les leaders
africains, derrière le Nigeria et le Ghana, représentant près de 12% du PIB agricole
et 2,8% du PIB national. Cette culture vivrière emploie massivement les petits
producteurs, surtout dans les zones rurales.
Malgré son essor,
la filière souffre d'une production excédentaire, de prix bas dus à la
périssabilité et d'une transformation majoritairement artisanale (75% des cas).
Les ravageurs, le manque de semences de qualité et les pertes post-récolte
limitent les revenus des agriculteurs. L'export sous-régional reste freiné par
l'absence d'infrastructures industrielles.
Le gouvernement a
obtenu 79 millions de dollars de la BID en 2025 pour un projet de développement
de la chaîne de valeur, visant à booster production, transformation et emplois
pour jeunes et femmes. Des formations par le CNRA en 2025 ont formé des producteurs
à des semences résistantes, et l'OIA Manioc a été lancée en janvier 2026 pour
structurer la filière. Des unités semi-industrielles, comme celle de
Ferkessédougou inaugurée en 2026, illustrent l'engagement pour une
industrialisation
Avec ces appuis,
la Côte d'Ivoire vise 8 millions de tonnes supplémentaires, renforçant la
sécurité alimentaire et les exportations d'attiéké. Un soutien accru en
crédits, recherche et marchés organisés propulserait cette filière vers une
rentabilité durable, créant des milliers d'emplois.
Edgard ASSEMIEN